Aurelie NEMOURS

Paris 1910-2015

Née à Paris en 1910, Aurelie Nemours s’inscrit en 1929 à l’école du Louvre. Après trois années d’études théoriques, elle poursuit sa formation dans des ateliers. Elle apprend ainsi le graphisme avec Paul Colin, la peinture avec André Lhote pendant la guerre et, enfin, après la guerre, avec Fernand Léger. 

Dès 1942, le dessin devient pour elle le moyen rapide de concrétiser une image ou une idée. Les dessins et plus particulièrement ses pastels traduisent les recherches de rythmes et de quantités qui seront l’une de ses préoccupations majeures lorsqu’elle franchira le pas vers l’abstraction à la fin des années 40. Ses travaux sur papier qualifiés de recherches seront toujours d’une grande importance dans l’évolution de l’artiste et pour réaliser ses toiles.

En 1946 : Elle expose pour la première fois au Salon d’art sacré (jusqu’en 1979) et se passionne pour le vitrail. En 1953, est organisé chez Colette Allendy, sa première exposition personnelle. Cette même année, elle bannit la diagonale pour ne conserver que la verticale et l’horizontale. En 1957 : elle adhère au groupe «ESPACE» créé par André Bloc. En 1959 : Elle inaugure la série «Au commencement», puis en 1960 les séries « Romantiques » Échiquiers, Rosaces et Diptyques. La même année, elle noue ses premiers liens avec l’Allemagne grâce au groupe Mesure, auquel elle participe jusqu’en 1965. Elle rencontre Gottfried Honegger, l’un de ses premiers collectionneurs. Cette ouverture vers l’Allemagne va lui permettre d’être exposée également à Londres dès 1961. A partir de 1965, le carré devient le format essentiel de son œuvre. Ce dernier lui permet d’explorer la problématique de l’angle droit, le noir et le blanc et bien plus tard du monochrome. De ses réflexions naissent des séries. Ainsi en 1976-1977: elle crée « Sériels », « Rythme du millimètre » et « Point pluriel » dans lesquelles elle explore la vibration du noir et blanc. Ce travail se retrouve  également dans sa série « Structure du silence ». Puis à partir de 1988 les séries « Polychrome, monochrome, quatuor » et « Colonne ».

La longue carrière d’Aurelie Nemours fondée sur la persévérance et la conviction d’avoir un message à délivrer s’est déroulée dans la discrétion et une totale solitude. Ceci ne l’a pas empêché de se remettre sans cesse en cause par de nouvelles expériences, de rechercher toujours plus d’exigence et de parvenir à un approfondissement radical de son travail de peintre.

 

Alors qu’elle a cessé de peindre depuis 2002, le centre Georges-Pompidou, à Paris, organise une rétrospective de son œuvre sous le titre «Rythme, nombre, couleur» en 2004.

 

Les oeuvres d’Aurelie Nemours sont à considérer comme des objets de méditation. A ses yeux, «l’art est la quintessence de la vie. Il traduit à la fois le cœur et la tête de l’homme, et il pénètre l’esprit».