Jean HELION

Couterne 1904 - Paris 1987

1904    Naissance de Jean Bichier dit plus tard Hélion à Couterne en Normandie où il est élevé par sa grand-mère jusqu’à l’âge de huit ans.

1912    Il rejoint ses parents à Amiens où son père est chauffeur de taxi tandis que sa mère est couturière. Il y acquiert ses premiers tubes de couleurs : du rouge saturne et du bleu de cobalt et fait ses premiers essais de couleurs.

1918-20Il assiste à Amiens à un bombardement lors de la Première guerre mondiale.

1921    Il s’installe à Paris où il entre comme apprenti dessinateur chez un architecte, pour lequel il parcourt la capitale afin d’effectuer des relevés. Ses découvertes au Musée du Louvre et  son admiration pour les grands Maîtres le conforte dans son idée : il veut devenir peintre. Il écrit également quelques poèmes.

1922    Andrée Jouart, qu’il épousera en 1926, lui donne son premier fils Jean-Jacques. 

1924     Hélion expose à la « Foire aux croûtes » de Montmartre.

1925     Participant de nouveau à cette foire, il y rencontre avec  son premier collectionneur : Georges Bine. Il peut désormais se consacrer entièrement à la peinture et suit des cours de nu à l’Académie Adler. Il réalise ses premières toiles et  aquarelles inspirées par son environnement : portraits, natures  mortes et paysages urbains.

1926    Il s’installe dans un nouvel atelier où il héberge deux mois durant le peintre Torrès-Garcia qui l’initie au cubisme et à la peinture moderne, et le présente à Van Doesburg.

1927    Il fonde avec des amis la revue de poésies «L’acte» où il publie un choix de ses poèmes sur la ville.

1928    Hélion participe au «Salon des indépendants». Refusé au «Salon  d’automne», il organise une exposition de protestation titrée «Les 5 Refusés».

1929    Installé à Montparnasse, il se tourne vers l’abstraction et se lie avec Tutundjian. Il expose ses premières œuvres abstraites aux Galeries Dalmau de Barcelone.

1930    Il fonde avec Théo van Doesburg, Otto Carlsund et Léon Tutundjian, la première avant-garde française vouée à un art radicalement abstrait appelée «Art concret». Il publie la première et unique revue «Art Concret».

1931    L’échec de la revue, conduit le groupe à s’élargir et à devenir  «Abstraction-Création», y sont admis, Arp, Delaunay, Herbin,  Kupka, Gleizes, Valmier...

1932    Il dirige le premier numéro de la revue «Abstraction-Création».

Première exposition personnelle à la galerie Pierre (Loeb) où il rencontre Albert E. Gallatin, fondateur de la Gallery of Living Art de New York. Divorcé de sa première femme, il repart aux Etats-Unis où il épouse Jean Blair avant de revenir à Paris dans un nouvel atelier impasse Nansouty. Il se lie d’amitié avec Mondrian.

1933    Publication du second numéro d’«Abstraction-Création». Devenu  très proche de A. Gallatin, il l’encourage à s’intéresser à l’art abstrait. A l’occasion d’un voyage aux Etats-Unis avec son ami Calder, Hélion admire ses équilibres.

1934    Première exposition personnelle aux Etats-Unis à la John Becker Gallery de New York. Opposé à Herbin, il quitte le groupe «Abstraction-Création».

1935    Il visite la Suisse à l’occasion de l’exposition «Thèse, Antithèse,  Synthèse» à Lucerne où sont présentées quatre de ses œuvres. Il s’installe dans un nouvel atelier rue Saint-Jacques à Paris, où il peint des œuvres abstraites monumentales.

1936     Première exposition personnelle à la Galerie des Cahiers d’Art qui rencontre un grand succès et à la Valentine Gallery de New York.  Avant de partir s’installer à New York en juillet où il  séjournera jusqu’en avril 1938, il fait la connaissance  d’André Breton.

1937    Emergence de formes réalistes dans ses compositions annonçant son retour à la figuration.

1938    Marque son retour en France pour le décès de son père.  Il s’installe à Paris où il fait la connaissance d’Yves Tanguy. De retour aux Etats-Unis pour l’été, il reprend ses compositions monumentales mixant éléments réalistes et compositions abstraites.

1939    Il peint ses dernières compositions abstraites tandis qu’apparaissent ses premières «têtes». Pour la revue «Volontés», il réalise  «Kaléidoscope», une suite de linogravures récapitulant cinquante-six étapes de son cheminement de 1929 à 1939. Naissance de son fils             Louis.

1940    Mobilisé, il quitte New York pour rejoindre son peloton de sous- officiers à Mézières-en-Drouais. En juin, il est fait prisonnier et est  finalement envoyé sur un bateau-prison dans le port de Stettin-sur-Oder. Pendant ce temps une exposition lui est consacrée à la Georgette Passedoit Gallery de New York où son travail est admiré.

1942    Hélion s’évade et après un séjour clandestin à Paris rallie  Marseille où il retrouve Duchamp, Tzara, Brauner... En octobre, il quitte la France pour les Etats-Unis et relate sa captivité dans un livre intitulé «They Shall Not Have Me» qui devient un best-seller.

1943     Hélion expose à la galerie Art of this Century de Peggy Guggenheim, l’influence de son œuvre sur l’art moderne européen y est remarquée. Il continue à réintroduire la figure dans ses œuvres.

1944     Il s’installe à New York où il retrouve Mondrian, Calder, Ernst, Tanguy, Léger et Pegeen Vaïl, la fille de Peggy Guggenheim.  Son exposition «Recent Paintings by Jean Hélion» chez Paul Rosenberg reçoit un accueil défavorable de la critique. 

    Il épouse Pegeen, après le décès de Jean Blair. Il initie les séries des «Allumeurs», des «Fumeurs», des «Femmes aux cheveux jaunes» 

    suivies en 1945 des «Salueurs», des «Promeneurs» et des «Figures de pluie».

1945     L’artiste montre ses nouvelles œuvres figurées dans de nombreuses expositions aux Etats-Unis : l’accueil est mitigé. 

1946     L’artiste décide de rentrer définitivement en France et s’installe rue Michelet, après avoir signé un contrat avec Renou & Colle, tandis que Paul Rosenberg met fin à son contrat.

1947     Il peint «A rebours», toile capitale et synthèse de ses recherches antérieures. Il présente ses nouvelles œuvres à la galerie Renou  et Colle mais là encore la critique se montre hostile. On ne comprend pas son évolution à contre-courant, surtout venant d’un des chefs de file du mouvement abstrait. Naissance de son troisième fils Fabrice.

1948     A paris, Hélion recherche le contact des écrivains et compte parmi ses amis de nombreux poètes comme René Char, Francis Ponge...  Premières séries de «Journaliers» et de «Natures mortes à la citrouille», et premier séjour en Italie.

1950     Hélion réalise les séries des «Journaliers» et «Gisants» ainsi que des petites et grandes «Mannequineries».

1951     Allégorie et quotidienneté sous-tendent sa production des années  cinquante. Sa nouvelle façon de peindre empreinte de vérité 

    continue à l’exclure un peu plus de la scène artistique entièrement tournée vers l’abstraction.

1952-53 Hélion continue malgré tout de peindre des natures mortes souvent sur un guéridon. Il voyage en Espagne.

1955     Il peint des scènes d’intérieur, des portraits de sa femme, des natures mortes et des vanités.

1957     Il termine «Le Grand Luxembourg», une composition monumentale inspirée du jardin du Luxembourg et réalise les «Crâneries».

1958     Hélion se sépare de sa femme Pegeen avec qui il a eu trois garçons, et peint «Le Grand Brabant».

1959     Voyage en Hollande pour admirer les œuvres de Rubens et de Franz Hals avec Jacqueline Ventadour qu’il épouse en 1963. 

1962     Exposition à la Galerie Louis Carré intitulée «Jean Hélion.  Peintures 1929-39». Il achète une propriété à Bigeonnette, près de  Chartres, où il dispose d’un grand atelier. Il introduit de                 nouveaux sujets comme le théâtre de la rue parisienne, les voitures, les Halles et ses porteurs ainsi que les étalages, et commence à peindre à l’acrylique.

1964     Son exposition : «Paintings by Jean Hélion 1928-1964» à la Gallery of Modern Art de New York reçoit des critiques défavorables. L’artiste rencontre à nouveau un certain succès «30 ans de dessins» 

    à la Galerie Yvon Lambert à Paris. Il réalise également les décors et costumes du «Roi Lear» de W. Shakespeare pour la Télévision française.

1967     Son intérêt pour les scènes de vie urbaine s’accroît, il réalise une œuvre de près de 9 mètres de large intitulée «Le Triptyque du Dragon».

1968     Hélion peint le triptyque «Choses vues en mai», une des rares œuvres qui dépeint les évènements de Mai 68.

1970     Rétrospective de son œuvre au Grand Palais à Paris.

1971     Suite à une hémorragie rétinienne il est opéré de la cataracte aux deux yeux.

1973     A Bigeonnette, il réalise des œuvres ayant pour thème des marchés.

1974     Voyage en RDA, et début d’une longue collaboration avec le  galeriste Karl     Flinker.

1975     Exposition rétrospective à la Galerie Karl Flinker intitulée  «Jean Hélion. Cinquante ans de peinture 1925-1975». Nouvelle exposition personnelle à New York depuis 1964, il réalise des 

    croquis de scènes de rue qui inspire la série «New York Seen».

1977     Nouveau voyage en Espagne. Il réalise sa première «Suite pucière», assemblage des objets qui animent ses œuvres depuis son retour à  la figuration.

1978     Hélion réalise le grand triptyque «Le Jugement dernier des choses».

1979-80 Le Centre Pompidou organise une exposition itinérante de ses  dessins. Une rétrospective de son œuvre est présentée à  Pékin, Shanghai et Nanchang en Chine.

1983     Aveugle, il cesse de peindre et dicte ses mémoires.

1984-85 Rétrospective de son œuvre à Paris et Munich.

1987     Hélion meurt le 27 octobre à Paris.

Exposition Jean Hélion Exhibition
TEFAF 2018
10/03 - 18/03/2018