D’abord constituées de blocs massifs (1977-1978) - bien que les bords en soient comme rongés par la lumière - puis de plus en plus fluides (au cours des années 80), elles mesurent à l’infini sur un mode quasi architectural tous les jeux possibles de la transparence.

 

« Le blanc du fond sert à la même chose sur mes tableaux que le noir chez Rembrandt, Goya ou Manet ou l’or chez les primitifs » Paul Kallos

 

Véritable « architecte des transparences », ses Strates accordent au blanc de la toile un rôle matriciel, un peu à la manière de Sam Francis auquel on l’a parfois comparé, mais avec entre autre une rigueur qui fait également penser à son compatriote Hantaï, parti comme lui du surréalisme.

 

Dans les années 60, Paul Kallos redécouvre le sujet à travers la peinture des anciens tels Vélasquez ou Manet. Souvenir de ce qu’il a souffert dans les camps, il peint des crucifixions (1962), expression de la souffrance du Christ, expression de toutes les souffrances dues à la cruauté des hommes. L’une de ces crucifixions, la plus magistrale, déjà vue au musée d’Evreux (27) lors de la grande exposition en 1989, a trouvé place à la cathédrale de cette même ville. C’était le souhait de Paul Kallos que cette oeuvre soit dans un lieu sacré. Elle a été offerte à la cathédrale en 2007. Au coeur du tableau pointe déjà la lumière du Ressuscité.

 

La peinture de Paul Kallos évolue ensuite vers un paysagisme fluide et aérien que l’on peut voir dans le tableau qui appartient au musée d’Evreux. Peu avant sa mort le 10 août 2001, Paul Kallos réalise des vitraux dans une petite église du Jura, Saint-Antoine d’Ordonnaz.

« J’ai passé mon enfance sur la grande plaine hongroise. (…) Je me souviens qu’en été, avec une boîte d’aquarelles, en pleine campagne, j’allais dessiner les arbres qui se reflétaient au bord des étangs : c’est un spectacle qui m’a beaucoup touché et dont la sensation m’est toujours restée. » Paul Kallos.