Catalogue raisonné

Ferdinand Loyen du PUIGAUDEAU

1864-1930

Antoine Laurentin est le spécialiste de Ferdinand du Puigaudeau.

Après avoir déjà rédigé le premier tome du catalogue raisonné de l'œuvre peint en 1989, il réalise actuellement le deuxième tome du catalogue raisonné de l'œuvre peint Ferdinand du Puigaudeau

 

Procédure d'inclusion dans le catalogue en préparation / Procedure for inclusion in the forthcoming catalogue raisonné

Pour toutes inclusions dans le catalogue, merci d'envoyer dans un premier temps des photographies de bonne qualité recto et verso en précisant les dimensions, les annotations et la provenance. L'établissement des certificats d'authenticité est payant et Antoine Laurentin peut demander à voir l'œuvre avant. 
For all inclusions in the catalogue raisonné, please send in a first time photographs of good quality of both sides, specifying dimensions, annotations and provenance.  There is a charge for issuing certificates of authenticity and Antoine Laurentin may ask to see the work first. 

contact@galerie-laurentin.com

Antoine Laurentin

Catalogue raisonné Ferdinand du Puigaudeau - Tome I, Editions Thierry Salvador, Paris 1989

prix : 230 euros

Où voir des œuvres de Ferdinand du Puigaudeau

dans des musées ?

En France

- Morlaix ; Musée Jacobins, France

- Nantes ; Musée des Beaux-Arts
- Quimper, France ; Musée des Beaux-Arts

- Saint Nazaire ; Musée de Saint Nazaire;  France

En Europe

Madrid ; Thyssen-Bornemisza Museum (Espagne)

Aux Etats-Unis

Indianapolis Museum of Art, Indiana, USA

 

Here is a selection of museums where you can see paintings of Ferdinand du Puigaudeau.

La lumière sous toutes ses formes exercera une fascination continue dans l’œuvre de Ferdinand du Puigaudeau. Nous allons donc essayer de comprendre le déroulement  et l’évolution de son processus créatif dès l’origine. Initié à la peinture par son oncle Henri de Châteaubriant, il reçut une éducation artistique académique typique du XIX siècle. Les maîtres anciens qui servaient de références  aux créations de l’époque l’influencèrent profondément, notamment les caravagesques.

Dans un premier temps, ses recherches fortement inspirées des maîtres Italiens et des écoles du nord ont eu pour point de départ la lumière artificielle d’une bougie éclairant un visage souvent féminin, irradiant tout ce qui l’entoure, le reste de la composition s’effaçant dans une semi obscurité mystérieuse (cf envoi au Salon de la Société nationale des beaux-arts à Paris de 1890). A la suite de son second séjour à Pont-Aven (1895-1898) son travail se libère des contraintes académiques. Très vite ces scènes de genre intimistes se transposèrent en des paysages nocturnes, telles des places de village ou parfois seule une silhouette fugitive traverse le tableau (cf. tableau de l’expo). Puis sous l’influence probable du pays  Breton et de ses traditions mais aussi des ses compagnons, Laval, et Gauguin qu’il se refuse de copier servilement, l’éclairage  des lampions et des bougies se propage dans toute la composition, qui de statique devient dynamique, emportée par le mouvement de la procession ou de la fête. La lumière n’est plus traitée selon une technique de dégradé, mais est animée, d’une vibration. Puigaudeau utilise une technique de sous couche préparatoire coloré, allant du rose à l’orangé pour accentuer l’effet  de scintillement. (Voir tableau inachevé). Dans les toiles de cette période, Puigaudeau accède à une maîtrise totale de la technique du rendu de la lumière artificielle telle que l’homme la perçoit. 

Vers 1900, il s’installe en région Parisienne à Sannois, sa vision picturale évolue encore, il  abandonne (par intermittence) les vues nocturnes pour des paysages champêtres inondés de soleil. Il semble que ce soit à cette époque qu’il entreprenne de peindre des déclinaisons d’un même sujet à des moments différents, dans la plus pure tradition impressionniste. Dans un perpétuel souci de renouvellement de son inspiration, il s’essaye au nu, mais ne persévère pas dans cette voie, bien que de charmantes peintures nous soient parvenues ;(cc tableau de l’expo).

En 1904, son voyage à Venise lui permet d’associer différents aspects de son écriture picturale qu’il n’avait jamais réuni auparavant : la lumière naturelle  de la lune, la lumière artificielle des bougies et des lampions et parfois l’éblouissement produit par l’éclatement des fusées des feux d’artifice. (cf. tableau expo)

Puigaudeau semble avoir  alors atteint les limites des possibilités chromatiques que lui offre les éclairages artificiels, il abandonne progressivement ce type de peinture. Après 1910, les sujets de fête foraine, et de manèges ont quasiment disparus de son travail. 

Il focalise désormais toute son attention sur les sources naturelles de la lumière : le soleil et la lune, et s’attache à transcrire minutieusement les effets picturaux produit sur un environnement donné. 

Le rendu des ciels et des effets atmosphériques que sont les nuages attire toute son attention, ils sont des éléments fondamentaux de sa peinture  après 1910. 

« Les ciels, ce fut sa spécialité, a pu dire son épouse. Peu d’artistes les a aussi bien composé que lui. Remarquez comme ses nuages accompagnent bien ses paysages. Il ne les a jamais copiés servilement, mais leur a donné la forme et la place la plus nécessaire à l’harmonie de la composition.

Puigaudeau accentue l’aspect sériel de ses peintures pour mieux ‘marquer’ le côté irréel de ses compositions.

Le thème des moulins,  des paysages de grande Brière reviennent familier mais toujours differement nimbés de mystère.

La plupart de ses tableaux ont été peints dans la presqu’île guérandaise et sa proche région. Puigaudeau travaillait sur le motif, à vélo, son matériel fermement attaché au porte bagage. De ses longues promenades, il ramenait de petites pochades sur panneau d’une grande liberté d’exécution. Elle lui servait ultérieurement pour l’élaboration de ses peintures de chevalet. Un ingénieux procédé de report de dessin sur calque lui permettant de pouvoir travailler à des variations lumineuses tout en gardant le même sujet. La réalité du lieu était alors interprétée par le peintre au gré de son imagination.

Ainsi il n’est pas rare que des bâtiments particulièrement des moulins se trouvent transplantés dans des sites géographiquement fort éloignés de la réalité.

Cette géographie partiellement imaginaire, est à l’origine d’un monde où l’atmosphère du rêve, du merveilleux prévaut. 

 

Alphonse de Châteaubriant avait en son temps, dans une lettre, parfaitement analysé la personnalité et le talent de son coussin :

 « Il y a certainement chez toi, dans ta nature, de l’essence de contemplatif. Le fait de tenir inlassablement ton regard fixé sur ton Kervaudu depuis vingt-cinq ans recouvre un monde, une espèce d’ascétisme artistique, grâce auquel ta vision s’est développée, au lieu de s’affaiblir, et s’est trempée d’énergie spirituelle. »

                                                                                               Antoine Laurentin