Bram van VELDE

Zoeterwoude (Pays-Bas) 1895 - 1981 Grimaud

Abraham (Bram) van Velde développe très tôt un gout pour le dessin. En 1914, il commence une formation dans la décoration, auprès d’Eduard H.Kramers. Rapidement, cet employeur qui deviendra par la suite son premier mécène, lui reconnait des dispositions artistiques et stimule son talent.

Lors de son voyage dans la colonie d’artiste de Worpswede en Allemagne, où il réside de mai 1922 à septembre 1924, il va faire son entrée dans la modernité et l’expressionnisme. Il adhère alors aux leçons de van Gogh, Munch et Nolde, laissant parler la couleur et la touche large qui amène à la forme.

De 1924 à 1931, Bram s’installe à Paris, où il commence à mettre au point son propre langage gestuelle. Après un voyage à Majorque entre 1932 et 1936, il revient en France s’installer à Montrouge jusqu’en 1941. Bram va alors se détacher totalement du réel pour trouver la « vraie image ». La surface de la toile est alors orchestrée tantôt en facettes structurées, tantôt en étendues chromatiques souples, innervées par le cheminement du pinceau qui vient délimiter des formes. Il a souvent recours à la gouache. Entre 1945 et 1946, Bram n’a plus la force physique et morale de poursuivre son oeuvre. Il reprendra la peinture après la Libération, pour une exposition prévue par le lyonnais Marcel Michaud, marchand d’art qui s’est enthousiasmé pour sa peinture. Ses gouaches font alors apparaître un dispositif bidimensionnel de formes ajustées, souvent triangulaires et aux couleurs contrastées, de cernes linéaires, de variations et d’insistances de timbres. En 1948, Bram et son frère cadet Geer, également peintre, exposent à la galerie Maeght à Paris, mais également ą la galerie de Samuel Kootz à New-York, dans le cadre d’un accord entre les deux galeristes. Mais cette exposition américaine aura peu de succès, en raison de l’incompréhension de la critique et du public face au travail de Bram. Malgré cet échec commercial, ces tableaux vont tout de même retenir l’attention de certains artistes new-yorkais comme Willem de Kooning. En 1952, Aimé Maeght se désintéresse de l’oeuvre de Bram après un nouvel échec de son exposition. L’artiste est alors pris en charge par Jacques Putman. Il faudra attendre 1958 pour voir la première rétrospective consacrée à son oeuvre à la Kunsthalle de Berne. Entre 1960 et 1978, il est engagé dans une « phrase » permanente qui module les imbrications de structures pointues et/ou rondes, les voilements, coulures, veinures insistantes.