Georges BOTTINI

Paris 1874 - 1907 Villejuif

Bottini fait ses débuts dans l’atelier Cormon, tout en étant employé chez Guardi, un fameux restaurateur de tableaux où il étudie la technique des maîtres anciens. 

Originaire de Montmartre, il n’a jamais quitté son quartier. Menant une existence brève et indigente, on ne lui connaît que peu de tableaux et environ trois cents aquarelles. Comme l'écrit Saint-Georges de Bouhélier,"on le voyait souvent avec des femmes, il aimait les cabarets borgnes, les music halls, les bastringues où l'on danse". A l'instar de Toulouse Lautrec ce milieu, s'exerçant  à de nouvelles techniques comme le mélange de la gouache et l'aquarelle, au café et à la teinture d'iode ou encore le repassage  de son papier au fer à repasser afin de le jaunir. Il  mourra jeune "dans une crise de folie furieuse d'origine  syphilitique", écrit André Warnod.    

Dès ses premières présentations d’œuvres en 1895, l’un de ses sujets favoris se révèle être les femmes, soit les élégantes aux mœurs faciles fréquentant les bars et les cafés de Montmartre, soit les danseuses de cabaret comme dans cette oeuvre. 

Celle-ci est représentée en train de danser le french cancan, danse révolutionnaire puisqu’elle permettait de dévoiler les dessous des femmes dont on ne pouvait pas même voir les chevilles à cette époque. Très inspiré par la mode japonisante, il adopte une mise en page frontale, d’autant plus évidente qu’il installe un paravent derrière la danseuse constitué d’ombres humaines. Les couleurs franches de la tenue de la danseuse sont contenues par la ligne cursive noire qui annonce le style 1900.