Arpad SZENES

Budapest (Hongrie) 1897 - 1985 Paris

La somme dessinée et peinte d’ Arpad Szenes pourrait nous être offerte par une tradition subterrestre, accès à une perfection à la fois claustrale et inspirée du chant commun. Elle se serait nommée parmi les anxieux et les sages et elle demeu-rerait aujourd’hui à eur d’argile ou d’herbe rare, étirant ses multiples lignes sagaces à la rencontre d’indociles purement dispo- nibles pour le recevoir.(Je songe à Marpa le Traducteur et à l’éminent Milarepa, aux Coptes, aux tisserands byzantins, peut-être à Raymond Lulle.)

Enclavée comme le regard, émondante comme la respiration, voyons cette étendue de silence tournée vers la dépense et vers l’amour. Ce qui l’occupe jusqu’au plus hardi détail? Redonner soif. Les modesties de Szenes sont un long constat du Temps qui ne mesure pas ses distances et ses chances avant de se lire en couleurs. Sur la montagne dans l’ombre, le jaune matinal céleste s’insinuant dans un bleu cendre ne produit pas le vert, mais sucite le rose carillon, lequel harcèlera, jusqu’au jour envahisseur. La nature consent à l’observation tamisante du peintre, pas à la fange dont elle aurait pu l’aveugler.

Peindre, c’est presser la tentation. Peindre, c’est retracer les contours de la source débarassée de son alèse. Peindre c’est disposer sans surseoir.

René Char

> Exposition passée/past exhibition : 

Galerie Laurentin, Paris, 2015

TEFAF, Maastricht, édition 2015

Szenes-Akaba

Szenes-Akaba

Galerie Antoine laurentin & Laurentin Gallery, Paris, Bruxelles